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vendredi 24 décembre 2010

Noël

Ma muse ce soir est absente !
Elle a fui ! Ce n’est pas souvent...
J’ai beau frapper au contrevent,
Rien ne répond à mon attente...

Comment répondrais-je à ces voeux
Qui s’accumulent sur ma table ?
Ou trouver la formule aimable,
Lorsque le ciel se fait grincheux ?

Mon coeur est plein..Ma tête est vide :
Sans ma muse je ne sens nu :
Je n’ai que des mots convenus
Qui font des phrases insipides...

C’est ma faute je le conçois,
Si, me laissant dans la déveine,
Ma muse cour la prétentaine !
Comment ne compter que sur soi ?

Oh, je sais bien la mécanique
D’aligner des mots cadencés,
Mais je ne les sent point danser,
Pour le discours ou la réplique !

Voila pourquoi ma tête est lourde !
Et oui, le vide pèse aussi !
D’être pleine de mon souci,
Je la sens comme une cougourde !

Vais-je me traîner jusqu’au chai
Pour chercher dans une bouteille,
Ce qui fait que l’on appareille,
Loin de l’ennui qu’on remâchait ?

Mais non voyons, que je suis bête !
J’ai oublié que c’est Noël !
Jamais on ne vit rien de tel
Pour enchanter notre planète !

Et déjà je ne sens moins sot :
Non, ma muse n’est pas volage :
Me devançant pour rendre hommage,
Elle est la-bas, près d’un berceau...


Momas le 23 Décembre 2010

Alexis Arette

jeudi 23 décembre 2010

Nadau

Û die négre de bén-plouy y d'aygue-nèu, rét. En se-n tournan de-s ha couya, Jusèp que coussirè, tougnut, cap y coth enas espalles. Qu'abè tabé croumpat ûe fougasse.

- « Qué hès ? Si hès coùrre lou machan téms, qu'as escadut, ci-m sémble.

- « O, que-m abi tirat plans ta ha drin de légne… En se desarrigan, û castagnè dou plèch que-m a hèyt càde dus poumès. Que y a de qué ha. Que créy que-m caleré telefouna ou escrìbe à la meteo enta que hè ha bèt. Sinoûs que bau aténde la lûe de Nadau. Qu'éy ta de oéy en oéyt. Lou téms que-s deberé arrebira. Ou lhèu tau Pay de Nadau ? E-m aberé entenut y escoutat ? »

- « Hû !... Menchide-t d'aquét, sustout au noùste àdye. En badén biélh, qu'éy badut abìlle. N'engaline méy que lous maynats, ou lous qui bòlen decha-s engalina. Que-s counténte de da au méy aysit y au méy pressat. Tè, que boulèm demanda-u, l'an passat, la mama y you, séngles youlhs de recàmbi, y, e sàbes ço qui-ns a dit ? Que nou hasè méy aquét artìcle. Lou moùnde que bàden toustém méy biélhs. Biélhs que-n y a de méy ana méy, que soun hère trops à l'at demanda, y nou-s y pot tapoc hourni-u ne prou, ci dits. You que créy, ta dìse la bertat, que n'éy pas tan rìche coum dìsen. Y ét tabé, enta-s acama, ne bat pas hère lèste : que-s hè carreya sus ûe trasse. Alabéts, ta nou pas ha yelous…

- « Que-ns goàrde au ménch boû estoumac, ci digou la mama en pausan la toupîe de la soupe sus la taule. Tè, serbéch-te, Jusèp. »

Garbure hèyte de frésc, dus hourrups de goudale – qu'éy passat lou téms de la goudale de doùdze hourrups, y que cau counta dap lous esbagats de las casquétes - chingarre nabe y oéus dap fougasse… y batalère en boune coumpanie. Que cau entertiéne lou cos enta que l'amne nou-s y abéye y que-s y demoùre. Au diàble lou machan téms, la légne à ha, y lous youlhs qui arrougagnen !


À miéy matî de Nadau que-m tumèy dap Jusèp ena pourtalade de la glèyse. Autalèu, y dap quin plasé, qu'ou héy ma noubèle : ûe arrehilhe, atendude ta cap d'an, qu'éy badude à miéye-noéyt ! Quin Nadau ! B'éy toustém Nadau tau qui n'éy ni trop biciat, ni trop tentat !


Jan de Sègues

lundi 20 décembre 2010

Marilis Orionaa sur Radio Albigés

À l'occasion d'un concert donné près d'Albi en octobre dernier, Marilis Orionaa a accordé une interview à Radio Albigés. Elle y évoque son parcours et les difficultés qu'elle a rencontrées du fait de la censure occitaniste. Elle fait également part de son admiration pour la chanteuse ariégeoise Rosine de Pèyre, ou encore le poète béarnais Alexis Arette.

vendredi 17 décembre 2010

Cu d’an..

Amics, l’an qui s’en ba, n’èy pas la fî dou moundé !
Benalèyes, trebucs, patacs, en dap aboundé,
Autan coum s’en y bi, qu’en bederam toustem !
Toustem ta la yoentut, lou temps qu’èy û lè nobi,
E si boulem sauba lou moundé de l’ahobi,
Qué ba calé, drin mèy encoère que si hem !

Las esteles s’an dit, qu’escribin sus la terre,
Lou destî d’û cadû dinqu’a l’ore darrère..
Mes entertan, qu’arpatéyam, que hèm pérém !
Per dus milles ans d’autés lugrâs qu’en se hèn sinné,
Mes tan se destraba, e que l’esprit e pinné,
Que ba calé drin mèy encoère que si hem !

Dusquantes qu’an lou cap pergut de ninaroles !
Qu’an boulut apoupas a d’estranyés escoles,
Mes nous, d’aquere leyt de saume, nou-m boulém !
Que n’a heyt tripe-harts, mes bestis coum arrasclés !
E taus balha l ‘arsec de tourna badé masclés,
Qué ba calé drin mèy encoère que si hem !

Certes, dous coumberti, qu’abém grane tentèri,
Mes pourta lou péguè tau clot dou cemitèri,
Chens que tourné praba, cau pas trop qu’èy rèbém !
Permou, taus apoudya, la bie qu’èy estréte,
E sounque soulamen ta la counserba dréte,
Que ba calé drin mèy encoère que si hem !

Embiade :

Prince de las bertuts qui sabém las de case,
Ayudat-sé ta la ha balé per l’estrem !
Permou qu’en ta tira l’eslame de la brase,
Que ba calé drin mèy encoère que si hem !

St Maixent – lou 17 dou mesMourt
Alexis Arette

samedi 11 décembre 2010

Au Nabeth Françoès !

Par Jean-Marc Casamayou
Après le Yan Petit qui dance, on pourrait demander à Alexis de nous distraire avec un François qui rit François qui pleure (si ce jour là La Muse Mayrane est avec lui).

Les propos de Françoès Vairon portent toutes les contradictions propres à ce fameux "centre mou" que personne n'arrive à situer sur l'échiquier politique. J'en ai compté ces derniers temps près d'une demi-douzaine! De quoi y perdre son latin et celui des autres!
Ainsi nous pouvons lire, "béarnisants", "occitanistes", "béarnais", "occitans". On lit aussi que la "famille occitane " est "la famille des langues d'oc" (au pluriel! sic!) et que ce qui est transmis dans les calandretas c'est du Béarnais mais "sous le nom générique d'occitan" (dommage que ce ne soit pas remboursé par la Sécurité Sociale, alors que c'est prescrit par les Docteurs ès occitan) qui n'est pas "une langue artificielle". Et côté artifice, le François il s'y connait, même s'il y a quelques temps que le feu semble éteint!

Et il finit en digne successeur d'Henri IV, Lou Nouste Françoès se verrait bien en Maire de Pau (au minimum et par défaut), prenant un arrêté municipal pour mettre fin aux guerres de religion qu'il a lui même attisé en devenant l'un des parrains de ce fameux "opérateur régional ", l'Inoc (qui a un site internet en panne depuis des mois, sûrement un manque budgétaire...). Il en appelle à ses amis, mais lesquels?

Alors s'il veut sauver "nos langues" (encore au pluriel?), il serait temps qu'il y retrouve son latin et sa musique; et qu'il abandonne le Se canti (générique) pour Aqueres Mountagnes (authentique).

Mais je crains que pour lui, elles ne soient "tan hautes" qu'elles ne s'abaisheran pas! Le Gave de Pau n'est pas un nouveau Rubicon (en un seul mot!).

Il est pas donné à tous les fils de Pau de devenir un jour Roi de France car côté génétique il ne peut y avoir aucun générique!

Au Nouste Enric!


Eth Baretounés

jeudi 9 décembre 2010

N’abéran pas, lou Biarn ni la Gascougne (chant)

Après la guerre de 70 fleurirent en France les chansons « de la revanche », dont la plupart forcaient quelque peu sur la « barbarie » Allemande..Je me souviens encore de ces titres car ces chansons furent chantées bien après la revanche de 14-18. Les plus sentimentales étaient certainement : « La ferme des Rosiers », et « C’est un oiseau qui vient de France » Mais celle qui fut d’ampleur Nationale car elle sonnait comme un défi, c’était : « Vous n’aurez pas l’Alsace et la lorraine, car malgré vous, nous resterons Français : Vous avez pu germaniser la plaine, mais notre coeur, vous ne l’aurez jamais ! ».

Je me suis amusé ce matin a en reprendre le thème très librement. Avec une cadence qui pourrait se chanter sur le même air.



Puplé Biarnés e puplés de Gascougne,,
Debienguts Frays, despuch mèy de mille ans,
Qué hém casau per abé bère pougne,
Au pugn de ha grane embeye aus gourmans !
Oey trachamans, mèy ignourens que crabes,
Tout en estan mèy hagars que pedoulhs,
Qu’an saunéyat d’en se hica las trabes,
Dap û parla qui nou baù qu’arrangoulhs !

Repic : N’abéran pas, lou Biarn ni la Gascougne,
Permou toustem, qué seram en deban,
Si soun cascans, qué-s bouchén la bergougne,
Mes loegn d’ assi, Grand digne Dieù Biban !

Arrebatiats, per l’escole estranyère,
Oun lous boutèn l’anèle au cap dou nas,
Pareils lous porcs bouats a la pélère,
Qu’an sounque au cap lou tésic d’arpasta-s...
Nous auts assi, que pourtam l’érétadyé
D’aquets balens qui saboun truca hort,
Quan l’estranyè boulou prené abantadyé,
En ta héri, e la Baque e lou For !

Quan lous bedém, crucifica la Baque,
Sus ûe crouts, d’oun Diù ey espudit,
Sie si cau per l’agulhoû qui chaque
Mes lou parsâ que sera desgandit !
Sie Mespléde ou sie Lamourine,
N’èy pas Muret, ou sé caguèn dessus !
Ta nous subi la corne de Houchine,
Qu’anen aulhou t’a s’arraya la pus !



Lou 9 Dou MesMourt.

Alexis Arette

Lou temps de l’Aubos..

Segu que passerèy pucha que tout que passe..
E lheù chens a-t sabé, que souy presqué passat !
Qu’èy l’eschère souben qui reclame l’escasse,
E que m’an de pertout quan de cops pédassat !

Ségu, permou dou malandrè, nou-n baù pas bisté,
Qu’en baù toutu, chens que m’estangué lou miscap !
E tout en han semblans de nou pas esta tristé,
Que hèy de bets passeys... au men hens lou mè cap...

S’arribe, coum an dit, la sayesse dab l’adyé,
Que-m semble abé coumprés, per delà l’enlusioû,
Que lou temps d’exista, qu’èy lou d’apprentissadyé,
Mes que y’a drin mèy loegn l’assès de la maysoû..

Qu’èy biscut per lou hoec d’oun l’estele s’abite,
Qu’èy biscut per l’aurey qui hè dansa l’ausèt,
Qu’èy biscut per la hount oun l’aygue s’esperlite,
E la terre qui da lou blat toustem nabèt..

Qu’en s’an crucificats sus las quaté mabences,
Oun lou tribalh hè chic de place enta reba,
Enter las amistats e las mariboulences,
L’omi que s’esdebure... e nou sab goère oun ba ...

O ségu qu’èy bertat que nou y’a pas enyence,
Si nou s’abrasse pas lou Pay en dab la May !
Pucha qu’en s’an semiats, qu’èm lheù tabé semence ?
Mes qu’abém lou regrèt dou beroy mes de may..

« Nou-t dèches pas yumpa per lou temps qui s’escape,
Coum la yoene maynade au truc de l’anyélus,
S’escapè, quan dou ceù lugreyabe la cape,
En te dechan au co quan de nuadyés blus... »

« Au briù ,que t’a-s trempat lous pots, a la courrude,
Mes l’andade ou bebous deya loegn que s’en ba..
Qu’a-s alétat l’estiù sus ûe gorye nude,
Mes l’aram d’û moumen lou ben qué l’escouba... »

Mes tout aco qu’esté ! Si nou-n sabém l’encaùse,
-La canille nou sab que sera parpalhaoù !-
E l’amou per moumens assi bach quan s’apause,
Si-n se trobe au sou grat, qu’en s’apoudye t’oun boù ! »

« Anem! Prou de pensa ! l'aube que gouyateye! Desplegue-t bielh apè ! Segoutech-té lous os ! Hè semblans de nou pas esta lou qui s'abeye, Même si lou tou temps ey lou temps de l'aubos...

Lou 9 dou més mourt .

Alexis Arette