dimanche 14 février 2010

Per dèts escuts !

D’auts cops, las gouyates pràubẹs qu’anaben de porte en porte demanda de qué ha lou troussèu. Ûe d’aquères, qui n’abè pas boutat nade houn à hoèc e qui s’aperabe Cendrine, qu’arribè au castèth, e, poulidemén, coum l’at abèn plâ recoumendat, que dit à la dame qu’auré besouy de quàuquẹ so enta-s poudé marida.

- As dounc troubat ?
- O plâ, Madame, ne-m manque pas soùnquẹ lou sos.
- E douc, puch qu’as troubat, que-t dau aqui dèts escuts. Mès que bouy que-m biéngues mucha lou toû pretendut.
- Aco que harèy, Madame.

La bèlhe despousa, la Cendrine que ba ha bédẹ à la dame dou castèth lou pretendut qui ère petit, lè, guèrle e pot-birat.

- Coum t’as anat prénẹ û gouyat atau ? S’ou dit la daune.
- Eh, Madame, s’ou respoun la Cendrine, que bouléts dounc que pousquin trouba per dèts escuts ?



Cesàri Daugé
(Parla d’Ayre sus l’Adou)

Guèrle : qui louche

jeudi 11 février 2010

Hèytes dou Felip

Amic Yantot,

L’an passat, quoan te countèy ûe de las benalèyes dou defun Felip, que-t en arrigous hère. Nou-m estoune pas, permou que sèy qu’au bòstẹ parsâ de bite màgrẹ, que patit méy adàysẹ permou que-p sabét trouba las aucasioûs d’arrìdẹ. Lou Lespy qu’at sabè permou que bantabe coum cau lous Tarrissès d’Aulhoun, lous Pete-mils de Sedzère e lous Cure-mésplẹs d’Espechede. Tabé que-t bau dìsẹ gnàutẹ istoère countade per lou defun Louis, ne la-m èy pas cousude au cor dou hoéc. Que toque ûe arré-maygrane de Gabastoû, de la familhe M. (que cau respecta lous arré-hilhs).

La Liséte que partibe tau marcat de Mourlâs. Countente, permou qu’à las bascoyes de l’àsou que y abè méy de très doudzénes de oèus, de que ha-s quàuquẹ souricot. D’ûe camiasse que sort lou Felip e, pitou patou que-n ban. Au cap d’û téms lou gouyat que dit :

- « Hèy, madame, e-m decharét ha û chebit à l’àsou ?
- - O, e dus tabé, si sàbes ha-t coumprénẹ. »

Tau dit, tau hèyt. Lou Felip que-s aprèsse e, au clot de l’aurelhâ que-n embie û pugnat de mousques-cagnisgues, sàbẹs, d’aquéres rousses qui nou boulen pas, més arpateyen sus lou coé dou bestia. Quins cops de cu ! Coum t’at penses, hémne, bascoyes e oéus en mouléte !

Nou-s cau pas estouna que la Liséte e bouloùssẹ cruba lous sos dous oéus e que calou passa daban lou yùdyẹ.

- « Bam, gouyat, qu’abét hèyt dou tort a d’aquèstẹ bràbẹ hémne. Qu’abét hèyt û desaguis à la soue mounture.
- Nàni, Moussu, que l’abi demandat la permissioû d’ou parla.
- O, e que l’abét dit ?
- Que l’èy dit que lou soû pay e lou soû gran-pay que-s èren mourts … e qu’anabe ereta de grans mouyéns. Labets, de countentè, l’àsou que-s boutè à cu-lhebeta e a-s bouquilha ! Qu’éy ét qui hé destourna la Liséte e qui éy l’encause de la mouléte. »

Nou sèy pas ço qui-n debira, més Yantot, que-t abisaras à las mousques

Ugène dou Palouquet



Esplics :


Benalèyes : mésaventures
Bite màgrẹ : vie difficile
Que patit méy adayse : vous supportez plus facilement
Tarrissès d’Aulhoun : vendeurs de poteries d’Ouillon
Pete-mils de Sedzère : les peureux de Sedzère
Cure-mésples d’Espéchède : mangeurs de nèfles d’Espéchède
Ne la-m èy pas cousude : je ne l’ai pas inventée
Camiasse : mauvais chemin
Pitou patou qu’en ban : cahin- caha il s’avance
Ha û chebit : dire un secret
Mousques-cagnisques : variété de mouche
Arpateyen (arpateya) : courir à quatre pattes
Cruba : percevoir (ici récupérer)
Desaguis : mauvais tour, désagrément
Grans mouyéns : grande fortune
Cu-lhebeta e a-s bouquiha : ruer et se vautrer
Destourna : renverser

mardi 24 novembre 2009

Faut-il une loi pour les langues régionales ?

Le 16 octobre, des militants de la langue basque ont eu un entretien avec M. Guillaume Métayer, conseiller de M. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la communication ; ce fut pour apprendre qu’aucun calendrier n’est prévu pour un projet de loi sur les langues régionales et que le ministère s’interroge même sur son opportunité. Les militants des langues régionales s’en sont fortement émus et certains ont crié au scandale, une telle loi ayant été promise par Mme Albanel, précédent ministre de la Culture, lors d’une déclaration faite le 7 mai 2008 à l’Assemblée nationale. C’est oublier qu’une initiative des députés prise 15 jours plus tard, le 22 mai, a abouti à l’inscription de ces langues dans un article 75-1 nouveau de la Constitution : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. »

Cela vaut beaucoup plus qu’une loi, comme l’a souligné M. Métayer. Désormais :

- le qualificatif « régionales » enracine chaque langue dans un territoire ;

- le substantif « patrimoine » renvoie à l’histoire de chaque langue héritée des aïeux, comme tout bien patrimonial ;

- la place même de cet article dans le titre XII de la Constitution, relatif aux collectivités territoriales, les désigne d’emblée comme maîtresses d’oeuvre de la conservation de la langue, voire des langues, de leur territoire.

Dès lors, toute la législation relative à l’exercice des compétences générales des collectivités territoriales est applicable à leurs actions au profit de ces langues. D’autre part, l’article 34 de la Constitution limite strictement le domaine de la loi, renvoyant tout le reste au domaine des décrets, pris par le seul gouvernement. Par exemple, on peut imaginer un décret fixant les conditions dans lesquelles seraient déterminés les noms de communes écrits selon la langue locale (recherche dans les écrits anciens, lisibilité à l’époque actuelle en raison de la prononciation moderne, etc.).

Il ne reste donc pas grand-chose qui puisse être mis dans une loi, et l’on comprend que l’État, si facilement accusé de jacobinisme, laisse aux collectivités territoriales toute latitude pour nommer leurs langues historiques et favoriser leur maintien selon les attentes de la population.

Or, ces attentes ont bien été mises en avant par M. Jean-Jacques Lasserre, alors président des Pyrénées-Atlantiques, à la page 6 du dossier Langue occitane joint au numéro de décembre 2003- janvier 2004 de « Lettres d’Aquitaine » : il faut « à la "base", une volonté réellement marquée d’une partie au moins très significative des populations concernées de passer d’un intérêt "passif" pour sa langue régionale (par exemple "l’opinion très positive" exprimée lors des fréquents sondages d’opinion sur le sujet) à un intérêt "actif" (par exemple, l’inscription de ses enfants en filière bilingue lorsque la possibilité en est offerte) assortie d’un soutien concret, rapide et pérenne des collectivités de proximité (communes, intercommunalités...) lorsque cette volonté se manifeste ».

Autrement dit, « aide-toi, le Ciel t’aidera », et l’État lui-même apportera sa contribution, comme il le fait dans d’autres domaines de conservation du patrimoine.



Enfin, s’il faut vraiment une loi, rien n’empêche les députés et sénateurs de la proposer, pour peu que les militants leur suggèrent des dispositions conformes à la Constitution, donc relevant du domaine de la loi selon l’article 34, et ne contrevenant pas à l’article 2 sur le français, langue de la République, et à la jurisprudence qu’en a tirée le Conseil constitutionnel. Rien n’est donc perdu, si les Français de base veulent vraiment garder vivantes les langues de leurs ancêtres.

Jean Lafitte

Docteur en sciences du langage
(Tribune libre parue dans le quotidien Sud-ouest)

dimanche 15 novembre 2009

mardi 10 novembre 2009

Les contrefacteurs

Lorsqu'il lit le dictionnaire du béarnais et du gascon modernes de Simin Palay, Serge Javaloyès met ses lunettes occitanes.Dans sa dernière chronique, il évoque la cueillette des chamignons et cite Simin Palay.Page 220 de son dictionnaire, celui-ci donne une définition faisant allusion à une croissance rapide : " Qu'a poussàt coum û cèp, coum si l'abèn bouhât ".


Voici ce que ça devient sous la plume du traducteur : " Qu' a possat com un cep, com se l'avèn bohat ! ".

Ce pauvre Sergi a de bien mauvaises lunettes.S'il est aussi clairvoyant pour trouver des champignons, il ne doit pas en manger souvent.

dimanche 1 novembre 2009

Lous mours de hami

Pas content, David Grosclaude à l'issue de la manifestation de Carcassonne.Des absents de marque chez les Aquitains, Alain Rousset, Jean Castaings, Bernard Dupont.Ces trois là ne perdent rien pour attendre.



Pour faire taire le président de l'IEO, le président du Conseil Régional lui a rappelé le million d'euros versés pour la cause occitane, en constante augmentation depuis trois ans.Alain Rousset ne connait pas l'appétit de ces bénéficiaires de subsides publics.Ils n'en auront jamais assez et ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure.


Et le béarnais et le gascon dans tout ça ? Ils sont aux abonnés absents, à se demander même si à Bordeaux on connait leur existence